27 mars 2007
LA CABANE A SUCRE AU QUEBEC
L'ORIGINE DU SIROP D'ERABLE
Ce sont les Amérindiens qui ont montré aux premiers colons comment entailler les érables. 
Au mois de mars ou avril selon les ans, les femmes amérindiennes entaillent les érables quand les arbres ont encore les pieds chaussés de neige. Cette opération consiste à pratiquer un trou dans le tronc de l'arbre à 1 mètre ou 2 du sol et d'y insérer une goutterelle, une sorte de petit tuyau qui permettra à la sève de s'égoutter dans le récipient d'écorce accroché en-dessous. Chaque famille possède 1 200 à 1 500 érables et chaque récipient doit être régulièrement inspecté car la couleur et la propreté du sirop dépend de la blancheur et de la propreté des récipients.
Puis vient la récolte et la cuisson. Elles font bouillir la sève et il faut plusieurs ébullitions successives et longues pour obtenir le degré de densité désiré. Plus le sirop est foncé plus son goût est concentré par une plus longue ébullition.
Pour produire abondamment, l'érable exige un printemps long, bien enneigé et ensoleillé.
On continue la cuisson; le sirop s'épaissit et présente une substance granuleuse qu'on travaille avec une grande palette de bois. Les Amérindiens en préparaient en quantités prodigieuses qu'ils conservaient pendant toute l'année pour assaisonner les aliments.
La tire sur la neige
Les Amérindiens l'appelaient le "sucre de cire". Il suffit de verser le sirop d'érable bouillant sur la neige. Il se
coagule sous la forme d'une pâte souple. À l'aide d'un bâton ou d'une spatule de bois, on l'enroule et on le déguste immédiatement.
Du 20ème siècle à aujourd’hui
Les exploitations étant plus grandes et les techniques de cueillette se raffinant, il faut parfois ramasser l’eau d'érable deux ou trois fois par jour. On modifie donc certains équipements pour les adapter aux nouvelles exigences de ce mode de production.
On remplace le seau de bois par une chaudière en aluminium. La cabane à sucre telle qu’on la connaît se transforme elle aussi. Du lourd chaudron de fer, on passe à l’évaporateur qui intègre des thermomètres, un flotteur pour contrôler le niveau et l’entrée de l’eau d’érable, une hotte pour évacuer la vapeur.
Au milieu des années soixante-dix, la technologie fait son entrée dans le secteur acéricole avec le développement des réseaux de tubulure dans les érablières du Québec. Ces conduits de couleur bleu en matière plastique remplacent seaux, tonneaux, chevaux et tracteurs. Grâce à un système de pompe à vide (système de vacuum), l’eau d'érable va directement de l’arbre aux réservoirs d'entreposage du sirop d’érable. Chaque chalumeau est relié à ce système et le démarrage est automatique dès que la température est assez élevée pour une coulée.
Pour la fabrication du sirop on utilise plusieurs casseroles plates, des thermomètres intégrés, un flotteur contrôlant le niveau et l’admission d’eau, une hotte pour faire sortir la vapeur, un brûleur au mazout remplaçant peu à peu le bois comme source de chaleur.



LES ERABLES A SUCRE
Il y a quatre variétés d'Érables à sucre. Elles se développent dans un sol riche au cours des hivers rigoureux.
Même si on peut les trouver dans plusieurs régions du monde, ces espèces d'arbres trouvent le climat favorable pour la production de sève sucrée seulement dans les parties sud de l'Ontario, de la province de Québec et les Provinces maritimes au Canada; dans les États de la Nouvelle-Angleterre aux États-Unis et dans dix autres États aussi loin dans l'ouest que le Wisconsin et le Minnesota aux États-Unis.
Dans les meilleures conditions, les Érables à sucre atteignent leur maturité à 40 ans. Un Érable mature bien soigné donnera, goutte à goutte, à peu près 12 pintes (litres) de sève au cours de journées chaudes du printemps, et peut continuer à produire de la sève pendant un siècle. Pendant la saison des sucres, qui dure environ 6 semaines, un Érable moyen produira entre 35 et 50 pintes (litres) de sève qui donnera entre 1 et 1,5 pintes (litres) de Sirop d'Érable Pur.
(Québec) Établissement d’envergure ou de petite taille situé dans une forêt ou une plantation d’érables et ayant pour objet d'exploiter cette dernière en fabriquant des produits de l’érable pour les servir ou les vendre.
C'est surtout un restaurant qui sert un repas complet de produit élaboré avec du sirop d'érable.
Exemple d'un menu d'une cabane a sucre :
Soupe aux pois - Oreille de crisse
Ketchup et pain maison - Fèves aux lard
Pâté à la viande - Jambon à l'érable
Oeufs dans le sirop d'érable
Pomme de terre bouillies
Crêpes avec sirop d'érable
Thé, café - Tire sur la neige
Le tout à volonté


10
commandements de la cabane à sucre d'Adélard Lalande
1. À la cabane, tu viendras au moins une fois l'an;
2. En entrant, tu salueras tout le monde poliment;
3. Les bouilloires, tu visiteras en évitant les accidents;
4. Un p'tit coup, tu prendras avec les amis prudemment;
5. À la table, tu mangeras une omelette au lard et jambon indistinctement;
6. De la tire, tu mangeras sur la neige abondamment;
7. Au plaisir, tu te livreras tout l'après-midi entièrement;
8. Ton écot, tu paieras au propriétaire généreusement;
9. De la chicane, tu ne feras pour éviter les désagréments;
10. Au retour, tu diras à tes amis que chez Lalande, on mange copieusement.
La saison des sucres va bientôt se terminer, à l'année prochaine donc pour se sucrer le bec.
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